Vitrines

Marc Alyn

Dans les vitrines des métropoles fabuleuses
où l’objet viole le désir
Chacun croisait sa propre absence
Répercutée à l’infini halogène des transparences
Au sein de galeries marchandes saturées
de fausses issues
Hantées d’yeux sans regards, ombrées de pas perdus.

La solitude s’enfonçait, vie sans fin, jusqu’au cœur.
Le Miroir, Baal nourri de nos reflets, multipliait
le vide
Gardé à vue par les mannequins chauves et les rondes
de nuit du hasard.

La folie, seringue usagée ouvrant les mots clefs
de l’abîme
S’échangeait au seuil des trous noirs
Dans la terrifiantes immobilité de l’ange entre
deux vols planant au-dessus des âges :
Silence radio, éternel arrêt sur image.

Poème
de l’instant

Lettre à Louise Colet

Croisset,
Vendredi 16 septembre 1853,
Minuit,

N’importe ! Mourons dans la neige, périssons dans la blanche douleur de notre désir, au murmure des torrents de l’esprit, et la figure tournée vers le soleil !

Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet, Lettre du vendredi 16 septembre 1853.