Vois des astres le détour - Chant d’amour en temps de guerre -fragments de 1915-

Auteur : Laurent Grison

Vois des astres le détour - Chant d'amour en temps de guerre -fragments de 1915-

"J’ai découvert par hasard - mais le hasard existe-t-il ? - une petite boîte en chêne vernie contenant les fragments d’une lettre. elle était dissimulée derrière une étagère poussiéreuse d’une librairie de second-hand books, sur Charing Cross Road, à Londres, probablement depuis fort longtemps. Ma curiosité a été attisée par les morceaux épars de cette missive manuscrite, rédigée en anglais, à l’encre noire. Elle est datée du 12 novembre 1915 et signée : Sandor Wild."

Paru le 1er février 2013

Éditeur : Lucie éditions

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage