Voyage au pays de Shu

Auteur : Michèle Métail

Voyage au pays de Shu

Journal 1170 - 1998 & Anthologie

En 1170 le poète chinois Lu You fut le premier en Chine à rédiger un journal de voyage, genre qui se développa largement par la suite et conquit aussi le Japon. On dit même que son journal influença le grand Bâsho.
Prenant ce journal pour guide, l’auteur quitta Shaoxing en juillet 1998 et accomplit le même périple que Lu You à travers la Chine, empruntant parfois des moyens de transport similaires et tentant surtout de porter sur les lieux traversés et les gens rencontrés, un regard aussi attentif.

"Voyage au Pays de Shu" est un livre à double entrée : 26 chapitres combinent des extraits du journal de Lu You rédigé en 1170 et le journal de Michèle Métail composé en 1998, sans que les limites entre les deux auteurs et les deux époques soient toujours bien nettes.
Dans les 26 chapitres correspondants de l’anthologie poétique, on trouve la traduction de 140 poèmes d’auteurs ayant séjourné dans les endroits cités par Lu You.
Une longue tradition associe en Chine poésie et paysage, les poètes qui étaient presque tous des lettrés-fonctionnaires voyageaient beaucoup. Ils se retrouvaient parfois au hasard de leurs déplacements. De nombreux lieux conservent ainsi la marque de leur passage, car chacun écrivait un poème, n’hésitait pas à faire un détour pour visiter un site célébré par un prédécesseur.
On dispose aujourd’hui de véritables anthologies comprenant des centaines de poèmes, sur des lieux particulièrement fréquentés par les lettrés, comme le Pavillon de la Grue Jaune à Wuhan ou le Temple de Hanshan à Suzhou. Des poèmes gravés sur stèles ou directement sur les falaises transforment certains sites en vaste bibliothèque de pierre.
La poésie a initié ce voyage et le voyage fut un retour constant vers la poésie. Un mouvement de va-et-vient entre les époques, entre la réalité d’aujourd’hui et celle perçue à travers les poèmes a donné sa forme au livre. On peut donc entrer au pays de Shu par la poésie ou par le récit du voyage.

Paru le 1er juin 2004

Éditeur : Tarabuste

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.