Y a-t-il des mots pour parler de poésie ? par Jean-Paul Giraux

Y a-t-il des mots pour parler de poésie ? par Jean-Paul Giraux

LAmerique

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Jean-Paul Giraux/Colette Giraux

LE PÈRE MOLEX EST UNE ORDURE

Textes de Jean-Paul Giraux

en regard de 36 acryliques

en couleur de Colette Giraux

15,00 EUR - ISBN 978-2-35328-074-2

Format à l’italienne : 21 x 15 cm

L’aspect humoristique domine dans ces textes, mais sans gratuité, car l’esprit insolite du philosophe, qui regarde les êtres et les choses avec un apparent détachement, fait surgir l’avérée vérité, souvent inattendue, toujours décapante, et sans complaisance, comme se doit le vrai moraliste : trait de plume juste et précis, qui ne fait pas de cadeau, et qui, à l’inverse des douceâtres caresses d’un Philippe Delerm, gratte sans y toucher là où ça fait mal.

Claude Albarède, A l’index N°7.

L’humour de ces textes brefs… préserve la force de propagation de l’émotion en insistant avec ironie sur ce qui altère absurdement la part d’humanité des événements dont on se souvient, ou qu’on imagine seulement.

Armand Olivennes, Jalons N°66.

[…] « proses brèves », mini-contes ou mini-nouvelles, où se mêlent l’émotion, l’humour et la poésie. L’art de la concentration, la maîtrise du sujet et du langage, la virtuosité souvent y sont remarquables.

Jean Joubert, préface de Le poinçonneur avait les yeux lilas.

[…] poésie, raffinée, suggestive, mais aussi parfois abrupte et suffocante comme un coup de canon.

Bernard Fournier, LittéRéalité Vol. XI N°2
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Un fait divers revisité : meurtre d’une jeune femme dans un espace clos, un wagon de première classe du métro parisien :

“…Il devait toujours se rappeler qu’elle avait le visage tourné vers lui et qu’elle le regardait avec des yeux pleins de reproches.

Il se suspendit à la poignée du signal d’alarme.”

Crime crapuleux ou séquelles d’une guerre civile encore toute proche ? Toujours inachevée ?

Fin des années cinquante : c’est l’époque des premiers avions à réaction français (mort du pilote d’essai Rozanoff), celle de la guerre d’Algérie et du “Déserteur” de Boris Vian.

Un petit maître du XIXe et un peintre de l’informel sont au centre de cette affaire aux ramifications souterraines. On reparle du pillage des œuvres d’art pendant la guerre.

La mort du Poinçonneur des Lilas est déjà programmée…
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Dans le fond, la nouvelle, c’est un peu comme un habit : elle est réussie quand ça tombe bien. Et pas seulement au moment de la chute !

Quand elle fonctionne comme il faut, dès les premiers mots se met en place une mécanique implacable - fatalité ou "force des choses" - qui s’empare de l’attention du lecteur et la retient jusqu’au bout, sans temps mort. On pense à la définition que Jean Cocteau donnait du style : "une manière d’épauler, de viser, de tirer vite et juste".

Que vient faire tel personnage, cinq ans après toujours aussi traumatisé, devant cet immeuble avec son allée du vingt qui monte sur le flanc gauche ? Réponse en onze pages ! Qu’est-ce qu’on peut attendre - en quinze pages - d’un petit cercueil arrivé gentiment par la poste ?

On peut faire plus long, on peut faire plus court, mais toujours le temps est compté. Il n’est pas question de s’amuser en route.

D’ailleurs ici, ce sont des nouvelles noires qui sont proposées. La mort rôde : alors l’amusement… Mais qu’on s’entende bien : rien n’interdit à l’humour de s’inviter dans ces récits tendus.
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Au départ, dans un journal local, une petite annonce apparemment anodine : "Chercheur souhaite recueillir témoignages et documents sur les camps du Loiret pendant l’Occupation…"

Anodine, vraiment ?

Deux ans auparavant, le film d’Alain Resnais, Nuit et Brouillard, avait subi les foudres de la censure officielle parce que, sur quelques images empruntées aux actualités de l’Occupation, le camp de Pithiviers, avec son double rang de barbelés et ses miradors, se trouvait associé à l’uniforme d’un gendarme français.

Puis le contexte s’est encore alourdi.

En Algérie, une guerre qui ne dit pas son nom aboutit aux événements du 13 mai 1958, avec ce coup d’Etat « démocratique » qui est aussi une belle occasion de refaire surface pour les éléments troubles d’une extrême droite que la Libératon semblait avoir disqualifiés pour longtemps.

Dans ces conditions, qu’est-ce qui peut inciter un jeune professeur d’histoire, également poète, à entreprendre une monographie sur les camps d’internés juifs du Loiret, Pithiviers, et Beaune la Rolande, camps voulus et gérés par les autorités de Vichy ?

Son histoire personnelle ?

Parce que, comme le dit Saint-Just, l’enquêteur dans cette intrigue où la fiction s’appuie sur des faits bien réels, « pour Julien raconter les camps, c’est empêcher le retour de la barbarie » ?

De toute façon, ne pouvait-il pas se douter qu’il y aurait là des coups à prendre ?

Préface remarquable de l’histoiren Maurice RAJSFUS dont les travaux su le camp de Drancy, la police sous Vichy, l’étoile jaune (Le cherche Midi éditions) et la rafle du Vel d’hiv (Que sais-je ?) font justement autorité

Jean-Paul Giraux

MÉTROPOLIS C’EST TOUS LES JOURS VENDREDI 13

Policier

20,00 EUR

ISBN 978-2-35328-044-5

256 p. ; 21,5 x 13,5 cm

En couverture : acrylique et collages de Colette Giraux

Qui est Jacques Peysson qu’on vient d’exécuter à travers la porte de son appartement de la résidence Métropolis à Maisons-Alfort ? Un paisible éditeur victime d’une erreur de casting dans un règlement de compte ou un aventurier que son passé rattrape après un long séjour en Colombie ?

De la Colombie, il sera en effet question de diverses façons : les émeraudes, les enfants des rues, les milices paramilitaires et le grand poète José Asunción Silva dont la « silueta » hante les murs de la vieille ville à Bogota.

Du petit flic chargé de l’enquête, on ne saura jamais le nom, mais on verra qu’il se méfie des experts, qu’il semble connaître les classiques du cinéma, qu’il a lu Roland Barthes et qu’il aime les chansons d’Henri Gougaud.

Drôle de flic !

Et qu’est-ce que vient faire le vendredi 13 dans cette enquête policière qui s’intéresse encore aux péniches sur la Marne et au viaduc de Millau ?

Jean-Paul Giraux collabore aux revues Poésie sur Seine et Poésie/première auxquelles il donne régulièrement des articles sur la poésie et les poètes. Il est l’auteur de recueils de proses brèves et de nouvelles noires. Métropolis est son quatrième roman.

« On aura beaucoup progressé en matière de justice quand tout le monde aura admis que l’aveu d’un crime par un suspect – son expression verbale – n’est pas le crime lui-même… »

Tel est le point de vue du « privé » dans cette double intrigue policière, librement inspirée de faits divers réels et que l’auteur a choisi de développer dans le cadre pittoresque de la ville de Nevers et de sa région.

Un bar américain à juke-box, un Seeburg des années 50 avec disques de jazz et chansons à texte, un collège baptisé Marguerite Duras pour des raisons évidentes (Nevers, on ne l’oublie pas, est aussi la ville d’Hiroshima mon amour, le film d’Alain Resnais), un squat pas loin et, bien sûr, des faits divers sanglants – où se retrouvent les symptômes d’une époque violente – en sont les ingrédients terriblement efficaces.

Dédicace de l’auteur :

J’avoue ! J’ai pour ambition de rendre compte de la réalité sans me couper du romanesque. L’intrigue policière, il n’y que ça de vrai ! J’ai de très bons exemples à suivre : “Un long dimanche de fiançailles“ de Sébastien Japrisot, “Meurtre pour mémoire” de Didier Daeninckx, “Les âmes grises” de Philippe Claudel… Est-il nécessaire de continuer ?

On ne peut le nier, la vie est une collection de faits divers (cf. mes nouvelles noires, “L’Allée du vingt et autres faits divers”, également chez Editinter). Avec “L’Amérique et les yeux du poisson rouge”, j’en offre deux au lecteur pour le prix d’un, et l’occasion de s’interroger avec moi – Oh ! Pas de démonstration, seulement le déroulement des faits – sur la problématique de l’aveu.

Lisez-moi ! Je vous parle d’aujourd’hui avec – en prime – des airs de jazz et des chansons à texte des années cinquante.

Sous un titre volontairement provocateur et insolent quoique peut-être anti-phrastique, Jean-Paul Giraux nous livre un petit recueil plein de nostalgie et d’étoiles filantes où les poèmes – car ce sont des poèmes – échos d’une mémoire fertile, sont éclairés par les très justes et très sensibles acryliques de Colette Giraux. Un chant parcourt ces textes. Même les proses sont scandées par un air lointain et mélancolique,une musique qui touche au cœur, et dont le rythme, souvent, s’apparente au blues syncopé :

« La vie est une toile peinte

un décor de quatre saisons

N’est-ce pas ses rêves qu’on voit

s’éloigner sur la route grise ?

Et que devient ce grand théâtre

lorsque repose

sur les fleurs

(y penser me fait le cœur battre !)

le silence des projecteurs ? »

Et à chaque coin de texte l’insolite apparaît donnant au poème un tour de vérité humaine et cocasse, dans une écriture simple harmonieuse qui ne cherche pas l’épate mais touche toujours le lecteur. Conçu suivant plusieurs perspectives qui s’entrecoupent comme les branches d’un buisson stellaire,cet ensemble évoque les lieux de rencontre du poète et de son existence,lieux réels ou fictifs à travers les toiles de Colette son épouse. Avec parfois un brin d’Aragon, une goutte d’Apollinaire, un zeste de Jules Renard, Jean-Paul Giraux sait rester lui-même en alternant les émotions de son vécu parisien : la ville, ses drames, ses bonheurs, ses amours, ses espoirs, ses révoltes… dont les acryliques de Colette savent rendre toutes les vibrations secrètes et colorées

« Quand la nuit boit l’encre des mares

qui n’aurait le cœur tourmenté ?

Je le vois depuis ma fenêtre

jamais l’eau ne s’arrête

sous le noir tablier des ponts

Pas plus l’eau battante des pluies

on ne sait retenir ses rêves

Pas même au bord de l’o

du puits que font mes lèvres. »

Avec tout le long de ces pages, des hommages appuyés à Villon, Desnos, Prévert, Mouloudji, et même, pourquoi pas, à Landru ! O insolence ! O humour ! O peinture ! O poésie ! On a là une belle réussite d’édition conjugalisée.

CLAUDE ALBARÈDE

(L’arbre à parole)

Jean-Paul Giraux

LE CHIMPANZÉ DE RIO

Proses brèves

Nouvelle édition augmentée

Illustrations de Colette Giraux

16,00 EUR - ISBN 978-2-35328-026-1

140 p. ; 13,5 x 21,5 cm

Jean-Paul Giraux

LE POINÇONNEUR AVAIT LES YEUX LILAS

Policier - Préface de Jean Joubert

Broché 10,00 EUR - Collection Polarenpoch’

ISBN 978-2-3532-8013-1

232 p. ; 11 x 18 cm

Revue de presse

Jean-Paul Giraux

L’ALLÉE DU VINGT ET AUTRE FAITS D’HIVER

Nouvelles noires

Broché 15,00 EUR

ISBN 2-914227-86-8

158 p. ; 21,5 x 13,5 cm - Disponible en ebook gratuit

Revue de presse

Jean-Paul Giraux

LA LETTRE DE PITHIVIERS

Préface de Maurice Rajsfus

Roman

ISBN 2-915228-23-X

223 p. ; 22 x 14 cm ; 17,00 EUR

Revue de presse

Jean-Paul Giraux

L’AMÉRIQUE ET LES YEUX DU POISSON ROUGE

Policier

17,00 EUR

ISBN 2-35328-004-8

224 p. ; 21,5 x 13,5 cm

En couverture : acrylique et collages de Colette Giraux
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« …À l’exception de deux textes (La nouvelle : temps, espace et peuplement et De l’humour et de ses contradictions, publiés dans Poésie/première), ce recueil rassemble pour l’essentiel des articles parus dans la très bonne revue Poésie sur Seine, depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, sous la rubrique : Et si on parlait poésie ?

…Voici donc un ouvrage substantiel, varié, situé sous le double signe de l’intelligence et de la sensibilité. Il faut souhaiter qu’il prenne place dans toutes les bibliothèques publiques et dans les bibliothèques privées des amateurs de poésie désireux de trouver des repères dans le labyrinthe de la création contemporaine. Il servira de guide, de référence ; il sera particulièrement utile aux enseignants aussi bien qu’aux enseignés, et je suis persuadé qu’il contribuera avec efficacité à rendre un plus large public attentif à ces voix, trop souvent oubliées, mais pourtant si nécessaires : celles de la poésie. »

Préface de Jean JOUBERT, poète et romancier, prix Renaudot 1975 pour L’homme de sable, Grasset puis Acte Sud.

Jean-Paul GIRAUX collabore à des revues de poésie. Il est l’auteur de textes courts, de romans et, dernièrement, d’un ouvrage d’études et d’entretiens consacrés à Aragon Césaire Guillevic et 21 invités du mercredi du poète, anthologie de l’Arbre à paroles (Belgique).

Paru le 1er janvier 2013

Éditeur : Editinter

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.