Zéno Bianu

Né à Paris en 1950. Signataire du Manifeste électrique dans les années 1970, Zéno Bianu est l’auteur d’une œuvre multiforme, interrogeant à la fois la poésie, le théâtre et l’Orient, œuvre que Bernard Noël a pu comparer à une "sueur d’étoiles internes". Ses pièces et adaptations ont été jouées dans la Cour d’Honneur, au Festival d’Avignon, et à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, notamment : L’Idiot, dernière nuit avec Denis Lavant. Il a reçu le Prix international de poésie francophone Ivan Goll en 2003. Il a dirigé la collection Poésie aux Éditions Jean-Michel Place. En 2017, il reçoit Le Prix Robert Ganzo pour l’ensemble de son œuvre à l’occasion de ses deux livres : Infiniment proche/Le désespoir n’existe pas aux Éditions Poésie/Gallimard) et Satori Express aux Éditions Le Castor Astral.

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes