Atterré par l’horreur…

William Cliff

atterré par l’horreur que je voyais
les voitures le modernisme bête
je me mis à marcher car je croyais
trouver plus loin autre chose peut-être
je vis l’eau apaisante m’apparaître
et l’herbe entre les cailloux du vieux port
un homme souriant me dit alors
la complication des bras de la Loire
et m’enfonçant toujours plus loin je sors
enfin de l’horreur qu’on me faisait boire

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004.

Poème
de l’instant

Cécile Coulon

Courir

La course, la vraie, est une fureur carnivore. Un astre brûlant caché dans les jointures du corps ; elles grincent, la nuit, comme un miracle froissé. Une force qui rugit, à laquelle nous sommes forcés de croire puisque qu’il n’y a qu’elle qui puisse suspendre aux crochets des montagnes des femmes et des hommes emplis de cette beauté brutale qui ne supporte ni la lenteur, ni les cris, ni ces bouquets d’amnésie qu’on s’offre pour éviter d’avoir mal. »

Cécile Coulon extrait de « Courir », Les ronces, Éditions Le Castor Astral, 2018