avec Ingeborg

Auteur : Catherine Weinzaepflen

<i>avec Ingeborg</i>

« J’ai longtemps cherché comment écrire avec Ingeborg Bachmann.
Traduire est la manière la plus intense, la plus triviale, de pénétrer la langue d’un écrivain. Je rougis encore d’avoir un jour dit à un écrivain J’aime ta langue sans me rendre compte de ce que je disais. J’ai traduit plusieurs poèmes d’Ingeborg Bachmann, avec une prédilection pour ceux de Ich weiß keine bessere Welt, livre posthume dont l’écriture fragile est imprégnée de sa mort tragique.
Mais, plus avant et plus loin : j’ai décidé de confronter une œuvre à laquelle la disparition d’Ingeborg Bachmann a coupé court en 1973, à l’aune de ce qui nous parle aujourd’hui. De la mêler à une écriture actuelle (la mienne) pour travailler une pensée qui m’importe, à savoir qu’on n’écrit pas seul. » C.W.

« je n’ai plus peur
j’ai nagé dans une mer
infestée de crocodiles
j’ai marché sous la mangrove
des heures durant
sur des plages blanches infinies
j’ai mangé des crabes cuisinés
au poivre noir Sarawak

j’ai arrêté de penser
dans l’hémisphère Sud »
C.W.

Paru le 1er octobre 2015

Éditeur : Editions Des Femmes

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.