& ferrailleurs

Auteur : Cédric Demangeot

<i>& ferrailleurs</i>

& ferrailleurs rassemble des textes aux formes variées, écrits entre 2002 et 2006, et dans lesquels l’auteur rend systématiquement compte d’expériences de lecture sur le mode du dialogue, de la réponse, de l’hommage ou de la prolongation. L’hypothèse thématique qui semble tenir le livre dans sa totalité, serait que le vers « sait » lire, qu’il est lecteur et tout chargé d’échos, que lire le fait être. Et qu’il y a toujours une « actualité » sensible de l’intempestif. C’est un ensemble moins violent, moins ténébreux que les précédents ouvrages de Cédric Demangeot, plus méditatif et silencieux dans l’usage positif qu’il institue de la confrontation productrice et dans l’oubli, dans l’estompe de l’affrontement aveugle. L’amitié comme conflit. C’est un livre qui, de la sorte, dresse aussi le bilan d’un itinéraire, se retourne et borne les territoires arpentés, dessine une constellation intime à partir de laquelle se pense, au présent, le travail singulier de l’auteur, ses mouvements, ses éloignements, ses retours.

Paru le 1er janvier 2009

Éditeur : Grèges

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage