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Les Cabannes

Les mêmes, désolées

1er mai 2014

Les mêmes, désolées

Comme une voix criblée
par les voix du dehors
Elle,
au glissement d’une couleur
elle imite le métal maternel
la noirceur le monde
la noirceur du geste
elle estropie le monde

Sans couvercle d'André Du Bouchet

1er janvier 2014

Sans couvercle d’André Du Bouchet

Un Seul texte
Il n’y a qu’un seul jour où, en dépit de la nuit, on reste incessamment plongé.
Il n’existe qu’une seule phrase, qu’on a pas encore déchiffrée.
Le feu souffle à voix basse.

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.