… le poids qui l’avait fait tomber d’Amélie Collet

… le poids qui l'avait fait tomber d'Amélie Collet

Il doit être sept heures du matin. Comme c’est terriblement commun, finalement. Aucune marquise n’erre au dehors. Il n’y a qu’Ezéchiel en dedans. Le jour s’épouste à travers les persiennes de la salle à manger ; ainsi la lumière s’aventurine. Les volets du salon, les volets de ce côté-ci, sont ouverts. Des fenêtres, notre homme n’embrasse pour l’instant qu’une partie du ciel. Sous un cadre, toujours. Le périmètre comme première étape de la sagesse. Croit-on pouvoir tout encercler ?

Professeur de lettres modernes dans l’Académie de Créteil,
Amélie Collet est également directrice d’études et chargée d’enseignement à la Faculté des Lettres de l’ICP. Titulaire d’un Master de philosophie esthétique, elle poursuit à Paris IV son doctorat de stylistique sur la « voix poétique » et l’œuvre d’André du Bouchet. Violiste de gambe, animatrice d’un Atelier d’écriture poétique et intervenante au sein de la « Prépa École du Louvre » de l’ICP, cette jeune poète place la « transdisciplinarité » au cœur de ses projets universitaires et artistiques.

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.