moujik moujik de Sophie G. Lucas

moujik moujik de Sophie G. Lucas

« J’ai voulu explorer ces sentiments : la révolte, l’indifférence, l’habitude, en m’appuyant sur l’image que l’on nous renvoie de la pauvreté dans les médias. Avec la volonté de les confronter à mon propre vécu : dans mon entourage, dans ma propre expérience, dans mes souvenirs de reportages effectués quand j’étais journaliste auprès de personnes vivant dans la rue.
J’ai tenté d’explorer de l’intérieur cette pauvreté, qu’elle soit matérielle, affective, culturelle. Tenté seulement. Imaginé. En essayant de me projeter, en essayant de deviner ce que pouvaient ressentir ces personnes qui ont un nom, une histoire, une enfance, une famille, une identité. Cela ne rend pas les choses plus supportables. J’ai tenté d’approcher ces personnes autrement, par des mots. Non pas en me disant ça peut m’arriver un jour, mais en pensant : cette autre personne, c’est moi. »

Paru le 1er juin 2010

Éditeur : Etats civils

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.