on ne dit pas un mot, je parle à l’intérieur

Fabienne Courtade

on ne dit pas un mot, je parle à l’intérieur

de ton intérieur au mien

des pages tachées
des carnets je mets les mains sur les yeux

c’est ainsi, un peu plus loin
un son
très léger
traverse le sommeil
et sûrement des odeurs

s’éveillent en même temps

un autre et moi
tout enveloppés
d’odeurs

je sens son dos
appuyé sur
le goudron

et ce sera parfois le plâtre des murs

Poème
de l’instant

Mon corps et moi

Nu dans le soleil et si près d’être à jamais sauvé, c’est le réveil d’une chair pour qui la lumière, la joie ne peuvent être encore que d’intermittents miracles.

René Crevel, Mon corps et moi, Le Livre de Poche, 1991.